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EXTRACT © Une
Réforme de l'Église catholique au XXIe siècle. LE JUGEMENT Toute
vie humaine est personnelle. Il
est impossible de ne pas être responsable de ses pensées et de ses actes,
alors lorsqu’il devient essentiel de porter des jugements sur quelque
organisme ou personne que ce soit, chacun d’entre nous est confronté à une
terrible responsabilité: «Ne
jugez point, afin de n'être point jugés ; car on vous jugera comme vous
avez jugé, et l'on se servira pour vous de la mesure dont vous mesurez les
autres.»
Mes
opinions et mes jugements sont ma responsabilité, et ils provoqueront des réactions
favorables et des réactions défavorables, certaines seront peut-être même
tout à fait hostiles.
La vérité est la seule ligne de conduite.
Je suis très sincèrement désolé
si mes opinions vous blessent. Il n’est pas dans mon intention de faire du
mal, mais je conçois que cela puisse arriver, et j’espère que la blessure ne
sera que passagère. Donc,
comme tous les points de vue sont personnels,
je commencerai de la façon la plus personnelle qui soit.
Lors des obsèques du pape Jean-Paul II, l’homélie fut récitée,
devant le cercueil sur la place Saint-Pierre, par le cardinal Joseph Ratzinger,
alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi depuis plus de
vingt ans.
Son homélie fut absolument parfaite, un hommage impressionnant à un
homme fort et saint qui avait voué sa vie à être témoin de Jésus. Beaucoup
dans la foule clamèrent : « Qu’il soit déclaré saint immédiatement »,
et j’étais parfaitement d’accord avec les banderoles qui affichaient:
"Santo Subito!", “Qu’il soit fait saint tout de suite!”!”
Jean-Paul était un homme remarquable, même si certains n’appréciaient
pas son sens de la mise en scène.
Cela ne me dérangeait pas, d’ailleurs je me souviens très bien, lors
de sa visite à Dundalk en république d’Irlande, du discours passionné
qu’il tint et dans lequel il implora ces hommes impitoyables de l’armée républicaine
irlandaise provisoire (les Provos) d’arrêter les tueries: « Un meurtre qu’on désigne par un autre nom est toujours un meurtre! »
Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à comprendre à quel point
ses croyances religieuses étaient conservatrices. Croyances partagées par son
ami Joseph Ratzinger, également connu sous le nom de « Rottweiler de Dieu! »
– qui faisait tout le ‘sale’ boulot de Jean-Paul pour lui.
J’aimais beaucoup Jean-Paul. Un homme très courageux, un saint sans
aucun doute, tout simplement parce qu’il aimait Dieu et son prochain sans réserve
aucune, et qu’il donna tant de lui-même pendant si longtemps.
J’ai le regret de dire que Joseph Ratzinger ne m’a pas autant
impressionné, malgré la clarté de sa pensée et son discours impressionnant
aux obsèques de son ami.
Une seule pensée me vint à l’esprit à l’époque : « Cet
homme doit être un favori pour être élu pape, » et ce fut le cas.
Lorsque le nouvellement élu Benoit XVI apparut au balcon qui surplombe
la place Saint-Pierre, je fus cependant choqué de le voir attraper ses mains
au-dessus de sa tête et les secouer comme le ferait un champion de boxe pour célébrer
sa victoire.
Je ne m’attendais pas à ça. Les précédents papes avaient
modestement ouvert les bras et salué la foule, s’offrant au peuple avant de
donner la bénédiction Urbi et Orbi.
Est-ce que j’accorde trop d’importance au sentiment que j’ai eu à
ce moment-là? Je ne crois pas. Le langage du corps est puissant, involontaire
et presque impossible à dissimuler.
Le futur Benoit s’est souvenu plus tard avoir ressenti de la nervosité
et même de la réticence lorsqu’il est apparu évident qu’il serait élu
pape. Je veux bien le croire, et je veux bien croire aussi que le nouveau pape célébrait
une victoire qui n’était pas tant la sienne que celle de l’Église. Il était
convaincu de savoir ce dont Elle avait besoin pour être libérée de Ses maux
qu’il percevait : un meilleur contrôle de l’enseignement et des
pratiques tous deux trop relâchés.
À mon avis, ‘Le Rottweiler de
Dieu’ n’avait pas disparu. En tant que pape il avait le contrôle total
et s’attendait à ce que tous les catholiques bien-pensants se joignent à lui
dans sa célébration.
J’avais de sérieuses réserves en ce qui concernait l’avenir et
elles n’ont fait que grandir durant ces cinq dernières années. ………
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